ART STUDIO VISIONS EXPLORATIONS

1998-2007


LIST OF MY STUDIOS:
Seashell Shaman Temple, New York, 34th street 2000
Dirty Shanghai Abattoir, Montreal, blvd St-Laurent 1995-1996
Silver Spoon Temple, New York 2001
La Bohemia, Montreal   2001-2002
Plaza de Toros, Montreal  2003-2007
Palace of Exile, la Bastille, Paris  2003-2005
Guernica Hidden, St-Germain-des-Prés, Paris  2006
Les Descendants du Dragon, New York  2007
Tv-Om (Jim Elliot’s Jungle Studio) Bali 2000
Media on fire, Paris 2005-2006
La Frontera de la Conciencia, Montreal, summer 2008
And all beaches, desert and towns, corridors of wind and invisible shopping malls where I have unfolded my canvases and opened my suitcases of colors.

LIST OF MY TOOLS:
I use a lot of different brands, from all over the world. Every brand has a special thing, the perfect mixture. And I never found in one brand everything I needed to transmit my visions:
  • Gloss medium and varnish from liquitex
  • Naples yellow from Stevenson
  • Acra gold by liquitex (tube)
  • Aging varnish and cracking varnish by Lefranc & Bourgeois
  • All inks by ZEICHENTUSCHE (my favorite ink maker in the world, from Germany, impossible to find in America.)
  • Lascaux acrylics: perlacryl for metallic bronze and gold, stainless steel and all range of silvers
  • Old Holland acrylic: in tubes, all iridescent colors.
  • Shiva sticks (cheap but I love the texture)
  • Caran d’Ache: watercolor pencil
  • Natural pigments
  • Damar varnish
  • Epoxy varnish (for special effects)
  • Sennelier: all their oil sticks, small and large (Picasso’s favorite)
  • Krylon spray paint and matte finish
  • French red wine
  • Pigments and mica by New York central
  • Traditional Chinese giant brushes for ink
I never use black acrylic. If I need to use black, I always use India ink.
And I never use square end brushes, I find them really not sexy and cold.
I’ve never been attached to one brand of brushes: I travel so much that I adapt to any country. Quality is not very important: I destroy them so fast anyway. Anything can be used as a brush: pieces of wood, rocks, Q-tips, custom tools, metal. I love all Asian brushes, the bigger the better.

LIST OF MY MUSIC:
Music creates my silence, vital for the ritual of creation

  • Solar Fields - Earthshine (ultimate label)
  • Cell-Phonic Peace
  • Aes Dana (ultimate label)
  • Youth (a new chapter in Dub) and Dub Trees
  • Aria no. 5 by Heitor Villa-Lobos
  • Bolero de Ravel
  • Underworld (from birth till now)
  • Miles Davis
  • Kompakt (the music label)
  • Mercan Dede
  • Layne Redmond
  • Sphongle
  • Younger Brother
  • Superpitcher (Happiness)
  • Bauhaus (The Sky Gone Out)
  • Zenzile (Meets Cello)
  • Juno Reactor
  • Archive
  • Mon amie la rose, by Françoise Hardy
  • Dopi by Transglobal Underground
  • Golden Path by Flaming Lips and Chemical Brothers
  • Piki Chappell
  • Dirge, by Death in Vegas
  • La Boheme, by Charles Aznavour
  • Smadj, by Take It and Drive
  • Fahrenheit Project Compilations (ultimate label)


La résistance des sages (new end)
The ritual of creation is a carousel without end.
(Eco egging = the art of making eggs with an universal consciousness)

Natural machines from the sun: a new painting made in India

***Wilde, the quintessential fin de siecle aesthete, made a sharp distinction between the exaltation of art and the banality of ordinary life and declared: ‘it is through art, and through art only, that we can realize our perfection: through art, and through art only, that we can shield ourselves from the sordid perils of actual existence’*** About Modigliani.

***He also learned that creativity depended on cultivating disorder and submitting oneself to a chaotic even self-immolating life.

‘I love those who do not want to preserve themselves…One must still have chaos in oneself to be able to give birth to a dancing star…With my own blood I increased my own knowledge*** Modigliani

Your real duty is to save your dreams, your real duty is to give birth to your visions.

New York City, October 2007
Studio les Descendants du Dragon:
West Village

Tout exercice de simplification absolue dans l’art figuratif nous mène irrémédiablement aux oeuvres ultimes de Picasso et Matisse.

‘Such artists forge ahead with a kind of calm that is the result of the total juncture of the force of inertia and expression, silent because all is in their work.’
Michel Tapie about Karel Appel

Painting is the remedy against death’s velocity: I breathe colors, distance. Telephone, slow down, two strokes of color. Painting is vanishing.

Elle me demande: ‘Est-ce que tu as reçu la lettre de la banque?’
Mais qu’est-ce qu’une banque, lorsqu’on peint et que plus rien n’existe? Qu’est-ce que la réalité, lointain écho devenu inutile, n’ayant plus aucun emprise sur moi ? Je pénètre dans le cercle, tunnel de l’infini: mon esprit quitte ce niveau de réalité, voyage très loin, transe secrète: rituel de la création, très fragile, qui peut être démoli en quelques secondes, devenir poussière, cet instant de création où l’artiste devient une bête, un canal de transmission, une vibration.
La réalité devient dérisoire, lointaine: le volcan de notre esprit nous propulse sur des territoires invisibles. Intouchables, des territoires sacrés où nous perdons notre forme humaine, notre égo, nos limites, pour ne plus devenir qu’énergie, impulsions, pure intuition.

Plaza de Toros, Montréal, mai 2007

Ici, maintenant, le silence est vaste: le silence me pousse à me plier dans le vent, à suivre la rotation de l’univers, grandiose et solitaire, le silence me pousse doucement vers l’infini.
Tous les personnages que j’ai peint dans la journée se réunissent la nuit pour danser, bacchanale invisible et libre: bacchanale de l’intuition.
L’alchimie est le fait d’accoupler la science et l’intuition: écrire ma légende sans linéarité, comme cette vie, sans se soucier des dates et des numéros de page.
Je vis ma vie comme un ‘road-trip’ sans destination précise mais avec une impulsion décadente, une rage profonde, un refus de la réalité, du moins celle qu’ils consomment tous, sans se soucier des jours qui défilent.
Je vis ma vie comme une oeuvre d’art: la marge entre ma peinture et moi-même est confuse, si mince, le rêve et la réalité s’accouplent: mes visions se créent sous mes yeux, je navigue entre les mondes, sur d’autres niveaux de conscience. Je suis les personnages que je peins. Je n’existerais pas sans eux. Je ne sais plus si je vis pour peindre, ou alors je peins pour vivre. Il n’y a plus de frontières. Ces anges érotiques hermaphrodites s’envolent du tableau pour me rejoindre, et pour marquer mon corps du plaisir.
Chaque jour où nous n’avons pas vécu est perdu à jamais. Mes doigts se transforment en pinceaux, les mots se métamorphosent en plages de couleurs. Il n’y a pas de retour vers l’arrière: l’artiste qui garde ses mains propres et évite le grand saut dans l’arène ne peut être un véritable artiste. Sans risquer sa vie, sa recherche ne pourra être qu’esthétique, critique sociale ou simple ornementation. Toute expérience chamanique comporte de grands risques, un danger invisible, un grand saut: le plongeon secret, souvent a l’insu de tous. Chaque tableau est une partie de son corps qu’on arrache, un morceau de son âme qu’on abandonne.

J’écris ma légende parce ce qu’à un certain moment, on doit s’arrêter un peu et poser des mots pour donner un certain sens à ce cirque, sinon, on risque de s’épuiser, de fendre le paysage comme une locomotive sans destination, laissant derrière dans le ciel une grande trace noire sans forme: un fossile éphémère dans le vaste azur. un écho sans charme, un cri de protestation sans portée mystique.

Essoufflé, je m’arrête: mon corps est en morceaux: overdose d’existence, mais comment pourrais-je écrire ma biographie? Comment pourrais-je retracer ma vie, que s’est-il passé? Où sont passés tous ces jours? Quel itinéraire mon corps a emprunté, et celui de mon esprit? Se sont-ils rejoints un jour, pour ne former qu’un?
Y a-t-il une voie secrète qui lie le corps et l’esprit? La vie n’est-elle pas qu’un prétexte pour peindre? Est-ce que tout devient art sous mes yeux? Je transforme automatiquement la réalité, sans délai, sans même pouvoir l’absorber. Je la déconstruis pour la remodeler, sans jamais vraiment y participer. Je ne puise en elle que certains outils nécessaires à l’élaboration puis l’expérimentation de mes visions. La réalité est mon supermarché, où je cueille les fruits de ma consommation: la nourriture pour le voyage de mon esprit: les ingrédients érotiques. Les stimulations externes, la passion, les illusions comestibles, le combustible instantané, les couleurs, les outils: comme les chamanes Yaquis qui utilisent la nature dans le pouvoir de la fascination, tunnel organique les conduisant à l’infini. Furtivement, je redescends dans la réalité pour quelques instants pour emporter couleurs et pinceaux, carton d’emballage, échantillons de ce monde moderne que je déconstruis, symboles que je m’approprient, sans me soucier de leur sens d’origine: langage réinventé, alphabet secret. Voyage rapide dans la réalité pour cueillir les fruits, les chairs, attirer des proies dans mon imaginaire, puis rapidement, replonger à un autre niveau de conscience. Je n’ai plus qu’un intérêt détaché pour cette réalité, je pourrais bientôt la laisser totalement.

Citoyen invisible (skeleton citizen). Doucement, comme un loup dans la nuit, créature docile en plein jour, j’avance et perce le tunnel, secrètement. Je fabrique de grandes ailes de métal et d’ossements dans un jardin secret.
Si mon art survit aux modes et au temps, c’est qu’il possède l’accès à l’univers, le voile secret, le rituel perdu: un talisman de l’existence: la fusion de la passion et de la peur: la mort et la vie, les ancêtres et l’avant-garde: des forces occultes que moi-même, je n’arrive pas à saisir.
Tous les mythes se cachent dans un coup de pinceau. La trace de couleur est le cri primal, la route de la soie.
La force du vide, c’est qu’il nous pousse à le remplir, sans savoir pourquoi, avec une urgence incontenable.

‘L’originalité est le retour à l’origine.’
Antoni Gaudi

La tragédie inventée: sans chimères et sans whisky, les dragons n’auraient jamais existés. Il faut parfois créer un mythe pour ensuite y croire, le forger de ses passions et de ses peurs pour l’enfanter, lui donner une place dans l’univers.
Lorsque  je vois toutes les carcasses de pinceaux et tous les squelettes de jarres de couleur dans l’évier de la cuisine, mêlés aux ustensiles et aux assiettes, je ne m’étonne pas que mon corps soit rempli de métal, de cadmium et autres substances étranges: toute création implique nécessairement une destruction. L’idée de sacrifice est essentielle à la création d’une oeuvre d’art.
L’esprit s’ouvre et s’abandonne: de la bouche du volcan jaillissent les anges lubriques, rebelles romantiques venant enfanter un nouveau monde, un nouveau niveau de conscience. (2012, dans le calendrier Maya, annonce l’arrivée d’une autre ère, d’un niveau de conscience supérieure). L’esprit s’illumine, perd sa forme, s’accouple aux forces de l’univers, côtoie les énergies, tisse des liens secrets avec les ancêtres…
L’esprit s’adonne à des jeux secrets, occultes, incantations profondes, voyages au centre de l’agora, accouplements féroces qui donnent naissance à de nouvelles images.
Souvent, l’artiste est inconscient de ce combat secret: son esprit se détache de son corps, laisse sa carapace et fonce sans protection, vol plané, dans la bouche du volcan.

THE GREAT INVISIBLE INVOCATION
La mystique de l’artiste est invisible, mais tactile (the mystic is in the making). L’artiste est comme un moine bouddhiste, répétant un mantra en constante mutation: la course contre le sablier, la fusion avec l’univers. Solitaire et acharné, convaincu de son rêve comme seule voie possible, comme seule prophétie, comme seule source de vie et d’exploration, sa vision se confond avec la réalité. Je côtoie les personnages que je peins.
(Fear and fascination of the artist)

DON QUICHOTE:
Any white wall is scary.
Et aujourd’hui, les démons de l’agonie se sont emparés de mon corps,  me saisissant et torturant mon esprit. La mort se repose sur mon épaule, comme un long voyageur, conseiller: je pousserai plus loin cette recherche, cette quête n’est pas aboutie. Il y a tant de murs à couvrir de couleurs, je repousse le serpent de feu qui m’a harcelé toute la nuit: prisonnier de rêves lubriques, de visions ultimes, de poursuites incandescentes, mon pinceau tremble ce matin, seul et perdu dans ces plaines, je chasserai tous les moulins à vent: je ne peux vivre qu’à l’intérieur d’un tableau, accouplé aux couleurs, libéré de toutes attaches, libéré de mon propre corps, m’accouplant avec les muses que je peins, issues de mon esprit, sur une autre sphère, s’étirant, se perchant sur moi comme une voile dans le vent, au coucher du soleil. Fascination et abondance: la muse et l’énergie de l’univers.
L’univers se referme, en un passage étroit et obscur: comme pour me lancer un cri d’urgence, un cri d’émerveillement: saisir l’existence maintenant, déployer mes visions, assembler de nouvelles constellations.
C’est en ayant atteint la pointe de la pyramide que je déploierai mes ailes, pas avant. Sur la pointe, lorsqu’il n’y a plus de devant, ni derrière: lorsque le passé et le futur ne forment plus qu’un, lorsque le temps n’est plus emprisonné dans un sablier et se libère comme un cerf-volant planant dans le ciel. Sur la pointe, lorsque nous ne sommes ni homme ni femme.
Je cris de joie au sommet de cette pyramide, maître de ma folie et de l’univers: je me confonds avec le ciel, je me glisse sur la ligne de l’horizon, je disparaîs: ma peau se couvre de plumes et mes ailes se déploient: il n’y aura plus d’impossible que ce que je me refuserai.

L’apologie de la chair :
Seul, perdu, où puis-je puiser l’érotisme si ce n’est que dans un coup de pinceau: dans le mariage des couleurs, dans le chuchotement des muses abstraites et le cri de jouissance des nymphes  célestes. Je plonge dans une oeuvre que j’ai peinte: je plonge dans une toile blanche; seul exil, seul mystère, seul inconnu: seul terrain de combat valable: seule vraie raison de vivre et de mourir, seule révolution tangible: seul érotisme absolu. Seul combat possible: seule voie lumineuse, seule découverte, seule nouvelle terre, seule grande traversée, seule risque…seule pulsion incontrôlable, seule passion réelle, qui réunit toutes les autres, du moins qui leur donne un sens.
Peindre est la seule vraie rébellion contre ce monde moderne: cri d’existence: gloire aux ancêtres, aux Hopis et aux Navajos, aux Yaquis et aux Huitchols, aux Mayas et aux poètes nomades. Peindre est cette quête d’une vision: être prêt à sacrifier tout pour percer le voile de l’univers.
The invisible key


CIRCLELISM (la liste du savoir intangible)
Modern bohemian heroes

Freedom warriors do not raise flags
Freedom warriors raise themselves

A hurricane of peace
Eroticism is fuel

‘Refusons la tentation de l’assouvissement.’
Emmanuelle Arsan.

Art = Science + intuition


Istanbul, March 2006

I walk like a fakir on fire—digital sunset—digital yoga—circlelism—electronic moonrise—initiation of the muse—above and awake—automatic morning manifestation—art road trip—bohemian hermaphrodite—capture moonlight—revolutionary consciousness—erase—touch—erase—touch—pagoda on fire—bullfights in my bed—seeds of manifestation—fossils of eggs—naked trees—a path made of flowers—free kite—free theater—free art—the act of making circles—the great invocation—Guernica hidden—eroika erotica—media on fire—eco egging.

Save some seeds for me, I want to plant my trees…

My paintings = A tool to accelerate your personal evolution

Another morning :
Ma vision est étrange ce matin, comme si tout avait radicalement changé: une métamorphose complète et secrète, dans la nuit, avait donnée au matin une saveur étrange, une impulsion nouvelle et indéfinissable.
Même les arbres se dressent d’une façon nouvelle, oblique, comme la danse d’un cobra enflammé. Les rayons lumineux découpent tout en petits morceaux, kaléidoscope invisible, impulsion animale. Je dessine sur un papier la trajectoire des oiseaux, pour saisir la nouvelle cosmogonie : le nouveau mandala se révèle doucement, sur le papier, les oiseaux tracent une nouvelle constellation.
ART DOES NOT TRY TO REPRODUCE NATURE
ART IS NATURE                                             
 

LA FEMME D’ENCRE:
Sa peau noire, lisse comme un désert millénaire caressé par le vent, est comme une grande tâche d’encre: ventouse érotique. Chaque point de son corps devient une étoile lumineuse qui se rattache à d’autres par un fil lumineux, donnant ainsi naissance à de nouvelles constellations: un nouveau kamasoutra en constante évolution. Dans ses mouvements se cachent la clé de l’infini: un alphabet secret, une nouvelle cosmogonie: tous les archétypes, tous les mythes qui se chevauchent.
Si je cligne des yeux rapidement, je fais disparaître son corps dans la nuit, pour ne plus voir que les constellations qu’elle crée: sublime réinvention du ciel; art, science et érotisme s’accouplent intensément: tous les secrets de l’univers se retrouvent dans le corps de la femme: la muse céleste, la clé de l’infini.
J’avance mes mains tâchées de couleurs vers ce ciel instantané, vers cette nuit étoilée. Je m’y abandonne follement, comme si j’avais le pouvoir de tirer les étoiles dans le ciel, les déplacer, pour tisser de nouveaux filets de lumière et créer un nouvel univers.
Je disparais dans l’obscurité, doucement, comme une voie lactée qui se perd dans l’obscurité du ciel.
La femme d’encre me prend, me déchire, me perce, laisse sur mon corps des traces éternelles. Elle altère mon esprit, change ma perception des choses et marque sur mon corps son passage fabuleux, assassinant la peur et les chimères austères.
La femme d’encre, silencieuse, se replie sur le long lit blanc, soie de Chine: elle m’offre sa croupe, comme la voile d’un bateau. Elle m’offre le désert de sa peau, j’y plonge comme un chasseur de perles, pour y dénicher les trésors clandestins et les mystères de la nature. Je plonge sans peur du futur, sans le poids des conséquences et des doutes, sans me soucier du mouvement des astres. Elle est ma nuit étoilée, ma forteresse, ma déroute, mon cri d’existence. La saveur de sa  peau me porte, comme un oiseau, au plus profond de cette terre, exil puissant, qui m’arrache non seulement à la réalité de ce monde, mais aussi à la mienne. Je perd toute référence, tout confort: funambule instantané, oiseau migrateur: voilà une nouvelle terre: volcan de feu: éruption nuptiale, mes doigts deviennent des serpents de lumière sur sa peau, ventouses cosmiques. Je perd ma forme humaine: j’entre en elle. Je deviens elle. Je disparais.
Plus tard, lorsqu’elle est endormie sur le lit en bataille, je me lève, nu et vibrant, saisissant un pinceau: je verse un litre d’encre de chine sur un grand papier blanc: je transforme la tâche en muse-minotaure, au centre de l’arène: taureau sacré pivotant dans la lumière du sud.

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EXISTENCE REMINDER:
Je me suis acheté aujourd’hui une nouvelle paire d’espadrilles noires, toujours les mêmes depuis quinze ans. Puis de retour au studio, avant de les enfiler, j’ai peins un cercle bleu parfait sur le devant du pied gauche, puis un cercle rouge parfait sur le devant du pied droit, comme je fais à chaque nouvelle paire de chaussure depuis que je me suis mis a peindre. Symbole sacré, rituel secret, qui me rappelle chacun de mes pas, d’en être vraiment conscient et ne jamais tomber dans la routine.
Tous autour rigolent comme quoi c’est pour différencier le pied droit du pied gauche: peut-être, peut-être est-ce aussi un refus total d’appartenir à cette réalité, dont je me distance par tous les moyens. Ma connivence avec la race humaine se limite à bien peu de choses.

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SUSPENDED MOMENT OF BEAUTY

Toronto-Luminato festival, June 2007

Day 1:
Morning, 8 am (giant canvas of 37 feet x 55 feet).
I am sitting on my bed, alone, staring at the invisible wall, like a bullfighter looking at his bull in the arena, and I am strangely calm. The more a canvas is big, the more I am calm before I start. I center myself: I let the visions come, without resistance. I try to loose control, to become just a channel, to reduce my inner dialogues, to follow only my emotions, pure intuition.
The giant white wall of fifty feet is like a desert under unknown winds, timeless, calm and voluptuous. The white is so pure.
I put my uniform on, like a soldier, a free soldier, a freedom fighter
To transform myself and fight against my fears: to transform the landscape, to exist without a safety net, to capture infinity without gloves.
Every time I cover the white surface with colors, I am still fascinated by the magic, the moment of bliss, of pure beauty.

Day 2:
A nest: the demons came to visit my chic hotel room. The night was cut in pieces with apocalyptical visions, uncompleted truths, cubist dreams.
I am waking up very tired, but calm. I listen to Claude Debussy, and I shine my bullets. The sky is covered, like my soul. I had Tibetan visions this morning: pagodas on fire, secret chants resonating in my head, mantras from an unknown time.

Once you are up in air, very high on the swigning stage with brushes in your hands, your own importance is vanishing, your entire ego is sailing away, you are becoming your own wind, unknown sailor in a sea of air and colors. Trance comes: you are becoming just the channel of your vision: a pure tool of wisdom.

I covered all the giant canvas with fire strokes in pink and fuchsia: an emerging volcano.

Day 3:
The sky is very grey, uncertain, but my soul is clear: the vision of the giant painting appears in my mind, like a treasure map to discover a new part in myself. Painting is digging your soul.

We are very dizzy when we come down, for a few hours through the night. The bed is moving, following the irregular dance of imaginary waves. It makes me dream of beauty, of a hurricane of peace: lost sailors of the ancient world. Technology is not involved into painting: it is a pure transmission from the ancestors.
I will discover a new territory, new giant strokes, new fields of fuchsia tones, a new direction. There is no more time: it is becoming an abstract journey in a vast porcelain sky of colors. Every sunset sets the painting on fire: metallic reflections and goldleafing.
I let the image appear inside of me, like tides on the shore: it comes in, goes out, come in…with a different architecture.
All the cities should be painted: to transform our landscape, to offer keys at any street corner for a fast meditation…keys to unlock reality and reach another level.
Mexican shamans use patterns in nature to reach a trance level, and stop their inner dialogue.
These city paintings will be gates: organic mantras, modern mandala, moments of beauty. EROTIC MANIFESTATIONS.

Days 4 to 10:
It’s have been 10 days of pure freedom, subliminal revolution, charming people to change them, uncompromising, epic, to make one with the elements, strong winds, sunset gold…
The size of the image multiplies its impact (to remember and to use in the future of my art).
THE SIZE OF THE IMAGE MULTIPLIES ITS IMPACT.


Montréal, 15 juin 2007

À Yves Klein…
Ce matin, je me suis réveillé au milieu du studio avec une tragédie comestible: un appel du vide, un mal insoutenable: mon sang qui carbure à deux cents milles à l’heure dans mon corps qui veut éclater, comme si je voulais me pulvériser dans l’univers: devenir le vide, devenir l’azur, disparaître d’un coup, inconnu, sans laisser de traces tangibles: la résistance des sages.

Ces sages ne suivent pas la voie de la régularité et du conformisme: ils obéissent instinctivement à un ordre universel invisible, une force secrète, cyclique. Ces sages évoluent dans un monde intangible, hors du temps: ils ne  redescendent à la surface que pour s’abreuver et partager l’ampleur de leurs découvertes ou la déroute de leurs impasses. Ils ne sont pas paisibles, mais en constant état d’alerte, de rébellion et d’excès: par leur recherches et leurs mouvements. Ils rétablissent l’équilibre de la planète, sans compromis, avec toutes les conséquences que cela implique, parfois jusqu’au sacrifice de leur propre  corps et de leur confort. La révélation de la connaissance est si puissante et si grande que le choc est puissant: l’écart avec la société se forge et se creuse,  l’urgence de tout rebâtir est immense, la prise de conscience est irrévocable. Le retour à l’innocence est impossible, illusoire. Le guerrier de la liberté intérieure est voué à errer dans ce monde moderne à la recherche de l’infini: il s’éclipse sans cesse sur cet autre niveau, il plonge dans cette toile invisible, tissée entre les piliers de la réalité. Secrètement: il ne partage sa connaissance qu’avec les esprits libres, assoiffés de pousser plus loin les limites du réel…
Les sages percent le voile de l’infini et expérimentent l’impossible et l’absolu, l’irréversible, l’excès, la décadence existentielle. On doit pousser bien loin les limites et perdre sa forme humaine pour enfanter un nouvel alphabet, et même donner naissance à de nouveaux mots, un nouveau système de rotation. Les sages ne voltigent pas entre l’équilibre et la raison: les sages voyagent aux tréfonds de l’univers et d’eux-mêmes pour découvrir de nouvelles voies. Ils capturent les esprits, les amadouent et s’accouplent avec eux. Ils tissent des liens sacrés et mystérieux avec les forces occultes, ils vivent selon les principes de l’alchimie, soit la fusion des contraires, l’abolissement de toutes contraintes, la liberté de création, redonner un sens à tout: réinventer, devenir un filtre du destin et transformer tout automatiquement. Les sages ne sont pas ceux qui font éloge de leur savoir: mais ceux qui, fous de rage et passion, cherchent et accouplent les contraires pour enfanter des mondes nouveaux. Les sages sont plutôt solitaires et refusent d’être suivis,  leur recherche étant risquée et personnelle: un tunnel de feu menant au centre de l’univers.

L’artiste, seul dans sa révolution, cherche la compagnie des sages, partageant leur désir d’absolu, d’excès et de transformation. Il ne peut accepter l’ordre établi: sa mission est de tout rebâtir, dans le désordre, dans le chaos, insuffler à la réalité l’étoffe des rêves.
La résistance des sages et des artistes donne à cette vie un goût d’absolu, un feu sacré, une étincelle essentielle.
L’artiste armé de son intuition, et le sage vêtu de sa science, s’accouplent sauvagement, dans l’asymétrie, dans un désir profond de rébellion cosmique pour un changement universel du niveau de conscience. L’artiste concrétise des clés qui serviront à pénétrer l’autre monde, l’inconnu. La rupture du sens linéaire, une bacchanale spontanée, une nouvelle route de la soie. Le combat pour le retour du temps cyclique: l’émergence du temps cyclique.  Les pinceaux deviennent des couteaux, pour fendre la rationalité, pour assassiner la régularité, semences célestes: chaque tableau devient l’architecture d’une nouvelle constellation, le squelette d’une nouvelle révolution, l’ébauche d’un nouveau cri d’amour: un filtre du destin, un cri de rage, un fossile érotique, un jardin de connaissances intangibles. Chaque tableau devient un champs d’énergie, une grande traversée, un instinct tribal, une nouvelle voie, un champs de couleur contre l’ordre établi: la survie et la transmission du savoir des ancêtres.
Chaque tableau est un périple, une percée, le voyage à la surface des ancêtres, fossiles de feu, un acte de résistance à l’avancée torride du monde contemporain, un bastion de résistance dans cet univers digital: un combat dans l’arène, le taureau et le torero ne devenant qu’un, indissociable, tellement les mouvements sont rapides, gracieux et volatiles. L’accouplement ultime.
Si le torero sème la grâce et la symphonie des couleurs, le taureau crache la rage, la passion et la tribalité, puissance inconnue: accouplement sauvage et gracieux. Le taureau devient la toile du peintre, l’arène devient le cercle de création, l’atelier intime et secret, où tous les tabous s’épuisent, où la peur ne fait plus fuir mais attise la passion et suscite la dévotion.
Et le taureau et le torero, à un certain moment de totale fusion, ne deviennent plus qu’un, possédés par la même force, la même passion, la même transe.

Guernica hidden:
Semi-obscurité, je touche de mes doigts colorés la surface lisse de son désert vierge: elle se cambre, furtivement, comme une sauvage perdue, perçant d’un cri aigu l’infinité de la nuit, abolissant toute loi, toute limite, toute contrainte: sans compromis, avec la seule voie possible, la cascade ascendante du plaisir: le don de l’érotisme.

‘Quand je te prends, je suis comme dans une bulle blanche, quand je te prends, je suis comme un sage.’
Richard de Bordeaux

Une corrida romantique: dans l’atelier, les esprits que je peins valsent frénétiquement et s’accouplent autour, des flammes naissent dans l’air: des traces de couleur apparaissent sans le pinceau: ils prennent contrôle de mon corps. Je sens des milliers de petites langues douces sur ma peau.
Je vois le ciel se fendre, se percher sur ses talons, s’illuminer, toucher la grâce, se courber de plaisir, jouir en cascade.

Silence today is taking me, under the flower trees
With brushes in my hands
Guanaco hidden
At the gates I met a sailor,
An unknown soldier
A secret revolution
Abstract poetry
Words to rebuild
Another anatomy

Cicelies:
The act of living in a circle

Circlelism:
I paint flowers, new animals
Invisible cars and dead poets
Skeleton citizen
I rebuild the universe
With a secret tool of wisdom

When will you visit the garden?
When will you climb my trees?


A message from my friend Zinta, the model-acrobat-seeker:
(After she left the circus school in China)
***I decided it would be silly
To carry my violet stairway to heaven
Back to America.

A question arose:
What to do with 30 meters of silk?
I had an offer for its purchase,
I was unwilling to accept.
I found myself rising with the sun
To spend and hour chopping it
Into one-meter pieces.
I held tight to the strength, confidence,
Which this stairway had given me,
Knowing that it would now be easy
To create one anew
Upon return to my old home.
I gave the violet pieces away
To anyone who wanted one.
A few days past,
The dwellers in this town
Began to move through their lives
Wearing a purple skirt, shirt or scarf,
As the fabric was shared with friends
And sewed into many things.

~z~


Guernica hidden :
Je me suis dis que je devais planter un totem imaginaire au centre du studio: un point de rassemblement pour les esprits et les gitans. Aussi pour donner un sens à la rotation du temps spiral, un mouvement circulaire inépuisable, dans lequel chaque  muse ou visiteur  se laisse aller sans pouvoir résister: une roue alchimique hors du temps: un grand  carrousel enflammé qui emporte dans sa valse toutes les âmes, qui libère et qui protège, qui pousse dans un autre monde, qui étourdit mais qui recentre le visiteur, la muse essoufflée. Un carrousel fait de plumes et d’ossements, de terre et de bois, de coquillages, de couleurs sales, de jets d’eau et de musiques transes.
Et pour saisir la lecture d’un tableau et son ampleur, le visiteur doit monter à bord et se laisser aller dans le mouvement. À cette vitesse, avec le mouvement circulaire, il peut enfin voir, VOIR, et non plus seulement regarder l’oeuvre mais y pénétrer et en faire partie.

Voir: acte conscient de pénétrer les choses en profondeur, alors que regarder est un acte passif. Celui qui regarde laisse les choses venir à lui, celui qui voit pénètre les choses pour en saisir l’essence.


Strange demon, unknown animal invading my body
I am falling, I am chasing you away
I am chasing you away
Another painting I need to paint
Another vision I need to have
Another world I need to know
I close my eyes and I see a gate
Wide open
I will be a monk, I will be a prophet,
I will dance and rise.

23 juin 2007

Tous les soirs avant de me percher sur le bûcher et de fermer l’oeil, j’esquisse un dernier dessin: j’y pose la tragédie de mon destin: la dernière ébauche d’une grande vision. Un dernier dessin avant de plonger dans les abysses: un dernier soupir, un dernier cri de jouissance, un cri de rébellion: voilà tout ce que je laisse, testament incomplet  d’une vie nomade, sans compromis. L’accouplement de Guernica: la mise a mort du taureau avant la naissance des rêves: un dernier dessin avant que le destin ne m’emporte, avant l’exil, avant le silence. J’esquisse dans le grand cahier noir un morceau de mon esprit, j’y laisse une partie de mon corps: la route de la soie.
Je bois un litre d’encre de chine, doucement, en laissant couler l’encre sur mes lèvres, sur mon cou, sur ma peau tendue, sur le sol, créant une rivière noire, une fissure dans la terre: une voie lactée en négatif: un destin inversé.

NEW YORK CITY:
Maintenant, je plonge dans l’infini du bleu, l’immensité, le vide. Peut-être suis-je l’opposé d’Yves Klein: mes tableaux révèlent l’inverse, baroque et compulsif, intuitif, au détriment de l’intellectuel: ils représentent l’accumulation à une vitesse extrême de tous les sons, pour ne former, au bout, le **om**, transe libératrice, l’infini, le silence. L’orgie des couleurs, la recherche du chaos et de l’harmonie. L’accumulation de tous les bruits juxtaposés à une vitesse extrême crée le silence, **om** moderne, exil invisible.
Klein représente l’infini par une étendue bleue, nappe douce mais intense, océan sans fin.
En traçant le symbole de l’infini, en le répétant à chaque composition, je plonge le spectateur dans un tourbillon sans fin: il perd toute linéarité, toute référence, pour se lancer dans une spirale hors du temps: exil  charnel, voyage au centre de soi-même. Un tableau n’est qu’une clé qui révèle une partie cachée de soi-même.

L’art doit porter tous les archétypes, connus et inconnus: le langage secret de l’univers, l’alphabet secret, l’impulsion secrète, l’harmonie invisible, la mathématique irrationnelle des constellations: le schéma charnel et intuitif d’une nouvelle cosmogonie: la naissance d’un autre niveau de conscience, une société invisible mais tactile.
Qui s’engage sur cette route de la soie perce le voile du ciel et déjoue le destin, le transforme et le remodèle.
Qui s’engage sur la route de la soie se glisse dans le cycle de l’univers, devient une étoile, devient un arbre, le vent et peut enfin se libérer de soi-même, être libre. Il peut enfin réaliser ses visions, repousser les limites du réel, et ramener à la surface tous les pouvoirs qu’il a en lui, le cri des ancêtres, la peur du vide et son incroyable force intérieure. Pour enfin voir et créer. Atteindre pour quelques secondes les hautes sphères, la transe sacrée, la liberté absolue, et perdre sa forme humaine.


Apologie céleste:
Peut-être suis-je entrain d’entrouvrir le ventre de l’univers et utiliser un savoir secret: hors de portée, hors de mon contrôle, peut-être ne suis-je qu’un canal pour la matérialisation des visions, sans quoi elles resteraient abstraites et inconnues de la plupart des humains.
Je concrétise la transmission d’un savoir intangible, d’anciennes formules magiques. Ce savoir ancestral et abstrait devient traits et couleurs, points et formes, et rejoint le spectateur au plus profond de sa mémoire, intouchée, ce territoire sacré, inviolable.
Je transmets un savoir invisible, qui ne m’appartient pas, je transmet l’architecture des constellations, le cycle infini des marées, la migration des papillons monarques, la naissance des volcans, la valse érotique des esprits libres, le chant rebelle des immortels, la poésie de l’irrationnel, la trajectoire des dauphins, la rencontre des savoirs, l’invention d’un mythe moderne tissé à même les archétypes des civilisations anciennes et des grands changements qui viendront.

L’art ne doit pas suivre l’actualité, ni être à la remorque de la mode. L’art se doit de voir plus loin: prémonitions et incantations, invocations, manifestations du mouvement universel: la capture des esprits. Par l’art nous amplifions le destin de la race humaine, nous sublimons notre propre importance pour s’inscrire dans un mouvement circulaire, un mouvement infini: la boucle du 8.
L’artiste perd sa forme humaine pour quelque moment, déploie ses ailes, se lance dans le vide, risque sa vie pour toucher la grâce, ce moment ultime, cet accident lumineux, cette danse secrète où il se révèle à l’univers. Ses doigts se transforment en pinceaux sauvages et perdus. Son cri de rage perce la nuit: il lève son poing au ciel. Il crache une flamme, s’élance dans l’inconnu avec une force animale, sans peur en risquant tout: son existence et ses souvenirs.
Il ne reviendra jamais complètement de ces voyages. Il s’éclipsera doucement, un peu plus à chaque tableau pour finalement, un jour disparaître totalement  derrière ces nappes de couleurs.
 

THE ARCHETYPES OF THE HIDDEN RAINBOW
And other tales for the modern Don Quichote

**for those who sit in the rain, the hidden rainbow appears**
Brittany, at the farm just before sunset

La route de la soie: le chemin vers la liberté est la liberté elle-même.
Plusieurs lumières s’accouplent, créant une soie invisible dans l’air.

Le dernier grand tableau:
Est-ce que je suivrai la voie de Gauguin, qui un jour décida de peindre son dernier tableau: une dernière vision avant de disparaître. Il disparut dans la jungle à Tahiti armé de ses pinceaux et d’un grand canevas, s’isola complètement, et inscrivit sur la peau d’un palmier:
‘D’où venons-nous, où sommes-nous, où allons-nous?’
Et  Gauguin peigna cette grande toile mystérieuse, envoûtante, comme testament aux civilisations futures, son ultime cri de rage.  Il en revint néanmoins, avec une rage nouvelle,  une force secrète: peut-être avait-il entrouvert la porte de l’univers en plongeant dans cette jungle? Avait-il trouvé un nouveau sens à sa vie qui l’avait empêché  de disparaître?

Demain, je commencerai ce grand tableau, ce passage à une autre vie: ce périple sans retour, cette grande traversée, ce cri de rage, je parcourrai cette distance infranchissable, ce long ciel lumineux, solitaire et grandiose, cet exil puissant et irrévocable.
Est-il possible de peindre un tableau dont on ne revient pas? Une coupure définitive? Un passage rituel qui nous transporte dans un autre monde, intouchable, invisible mais tangible?
Je peindrai au sol, sur la terre des ancêtres, sur les squelettes des amérindiens qui se sont battus pour vivre dans un cercle: s’ils avaient vaincus les colons nos maisons ne seraient pas carrées: le temps ne serait pas linéaire, et nous danserions avec les esprits, nous danserions avec le feu et nous deviendrions le vent.
(CIRCLELISM: to live in a circle, or the act of making circles.

**Le ciel de sépare en deux violemment, à la ligne de l’éclipse totale du soleil, quelques minutes avant la rencontre fatale entre la lune et le soleil: entre le torero et le taureau: entre l’homme et la femme, entre l’artiste et son canevas. Entre les opposés qui s’attirent: le grand mariage alchimique.

Aucune hésitation: je me lance sur la toile, penché sur cet univers immaculé, le souillant rapidement de couleur, en cessant complètement mon dialogue intérieur…


Plaza de Toros, juin 2007:

Chaque fois que je sens la mort venir, chaque fois que je la sens qui s’approche comme le grand dragon dans le ciel qui serpente langoureusement vers moi, je me rapproche de mon canevas, me soufflant que je veux mourir en peignant, que je veux m’affaler sur la scène épique que je suis en train de peindre, devenir un des personnages, me fondre dans un mythe avorté, incomplet, m’effacer dans cette légende universelle. Et chaque fois, je deviens invisible, une tâche de couleur: mon énergie se fond totalement à mon tableau, et le dragon serpente pour quelques minutes à basse altitude, sans trouver sa proie. Puis il disparaît derrière les nuages et je renais de la bouche du volcan de couleurs, comme un phoenix immaculé de couleurs: libre et nu, avec la force, avec cette légende que je grave à même ma peau.
De la bouche du volcan: des milliers de femmes nues, des cygnes lubriques qui se tordent dans le vent, des flammes qui épousent les couples qui s’enlacent avec fièvre, murmures sacrés, rituel instantané, bacchanale aérienne, érotisme sans limite, des étoiles naissent et meurent, se chevauchent, se multiplient…


Une nouvelle race naît, une société invisible, libre: le soleil et la lune se réunissent, le mariage alchimique, hermaphrodite: ni homme ni femme, désir ultime, pulsions charnelles, orgasmes en cascades, cris gitans, kaléidoscope lumineux, tout se transforme dans le filtre de l’infini pour former une grande danse cosmique: le symbole de l’infini.
Et la mort se pousse, laissant place à la rage de vivre, elle se cambre comme un roseau dans le vent, puissante mais patiente, seul réel indice de la vie. Sans elle comme conseiller, les jours iront s’épuiser et s’essouffler. Elle nous tient bien vivants, alertes, à l’affût de l’existence. Ne l’oublions pas; la mort vient sur notre épaule gauche nous conseiller: tout laisser derrière, tendre la corde du cerf-volant: vol plané, ascension, déroute jubilatoire, excès délicieux, long exil, silences. Existence sans limites.

 


I am so obsessed by Bruce Lee
And I don’t know why.

You always feel like a criminal when you are a painter. Your hands are always dirty.

List no. 2:
      1.    Triangle
      2.    Blank billboards
      3.    Cleopatra’s bees
      4.    Architecture
      5.    Cereal and milk
      6.    Manual mechanism
      7.    Opera singer at the beach

List no. 3:
      1-    Access to eternity
      2-    Silk screen
      3-    Modernity
      4-    Image transfer
      5-    New offerings
      6-    Sacred sculptures
      7-    Sand seashells

                ****    

La nature fait ici un reproche au chimiste qui pensait pénétrer ses secrets avec l’aide de la seule technique, se fiant à l’art mécanique et oubliant de cueillir les sympathies et de rechercher l’illumination — procédé alchimique.

Studio hours, midnight October 28, 2001

If they teach us to always need more
Before sunrise, before next car is sold, before returning tides, I wish I am a poet to tell you with words my colors are gasoline. I am so afraid to become an abstract painter and vanish behind forgotten revolution. I am alone in a white tower with windows all around,
Angels are coming between two brushstrokes, they touch me without hands, without lips, without skin. ‘I am the carnival of returning souls’ she says. I am a sheperd free of sheeps. Between two temptations, I try to reach serenity, white feathered landscape, this is the way we see things, they whisper. I wish all words become useless, because we are all here at the center of the hurricane of peace. Can I taste fear again, can any wind make me so fragile?
I can’t walk for days. ‘We are here’ she says ‘to discover the thin line between the sky and the ocean’. I make love with a silent swan, which just appeared between two brushstrokes. With no phone, Spanish guitar, a bed of nails, I am cleaning my colored hands with soap, staring at invisible sea. I like my hands soft but I am a warrior. I run out with colored pants, shoes, and shirt. I make repetitive noises with my mouth to fill the silence, tales of freedom soldiers. She is my lover, she loves speed cars and velocity, around my neck.
She takes me, liquid parafine on her gold skin, she is so good we can play
Opening her lips with ivory, and my tongue is never shy, snake of light
Fire in our hands, we reach total decadence at sunrise in a bath of colors
Prisoners of the circle of light, we can’t move without fire
Seashell in our hands, and feathers for fingers
Another night looking for perfect geometry, seeking for asymmetric freedom.

TOOLS OF PRODUCTION (For the production of this art show):

  • 30 jars of Liquitex acrylic white (Bleached)
  • 12 liters of India ink
  • 7 bags of Copal rocks
  • 6 Indonesian blockprints
  • 1 trip to the Mexican desert
  • 30 visits at the art store (20 in Montreal, 10 in New-York)
  • 4 visits to my stretcher (Don Pedro, on 13 th street)
  • 278 candles
  • 60 pencils
  • 1 tour of carousel at Sacré Coeur
  • 120 nights of dream control experiences
  • 1 infinite silence several times a day
  • 1 summer with Rajhastani gypsies in Europe (Maharaja)
  • 1 tour of Ferris wheel in Paris
  • 9 silk screens (big format)
  • 1 constant dedication to transform reality
  • Constant intuition
  • 68 bottles of quality red wine
  • 1 day at the cemetery du Père Lachaise
  • 1 visit to a racetrack at night
  • 100 jars of acrylic (Liquitex and Golden)
  • 80 tubes of acrylic colors
  • 6 litres of Stevenson and golden gloss varnish
  • 3 cedar trees
  • 1000 large sheets of Bond acid free paper
  • 1 visit at the Popocatepelt volcano
  • 2 silent months in New-York during winter 2001
  • 8 trips on the 87 highway
  • 3 big bags of secret mushrooms and potion
  • 360 minutes over the phone with collaborators
  • 3 books readings about speed and fossils of light
  • 36 Bloody Mary in bars after painting sessions on 10th avenue
  • 14 ‘I love New-York’ shirts
  • 16 totally white nights
  • 6 film studio days
  • 23 staring at sunset evenings on the train tracks behind the studio on 11th street
  • 669 liters of water
  • 77 nights of eroticism
  • 6 bottles of nail polish by Mac Cosmetics
  • 30 cans of spray varnish
  • 600 circular mirrors
  • 24 minutes of fear
  • 2 days of daydreaming
  • 250 sticks of Buddhist incence
  • 1 swan
  • 3600 hours of music
  • 7 seconds of total illumination

    Existence is a laboratory.

‘Ceux qui me font des reproches ne savent pas tout ce qu’il y a dans une nature d’artiste et pourquoi vouloir nous imposer des devoirs semblables aux leurs.’

Paul Gauguin, Oviri

A line of sky crossing a pale blue circle- half free way-this is my America - a new day
- her fingers on my tongue - my brushes on his skin - empty highway- slow ancient voices repeating my destiny to everyone - so clear, dreaming naked in the warm wind two minutes before my death - connected with the infinite channel, sharing a deep secret with a blind old man who doesn’t listen to me - in circles, I trace invisible lines of fish under the sea - a new vision comes to me - with more substance - more noise, a new definition of chaos, constantly stimulated, always transforming reality - I close my eyes - to see you - to see everything - single use tattoo - our revolution is a channel - a black and white TV- cobalt blue- my brushes are knives (and flowers) - do not escape from your fears -
She said - you can be everyone - tasting anything - a moment: charmed by simplicity.
I am painting my own velocity.
I answered: ‘Without me you are just a woman.’

Nuptial dances without honeymoon. They want more space between their houses - more fields - more life between two commercials - they want crocodile bags and more time.

List no.5:
      1-    Time sharing life
      2-    Baseball
      3-    Faith
      4-    Third eye blind
      5-    Produce milk
      6-    Wait in line
      7-    Taste the sun

‘La face de la vérité est effrayante et sa vue mortelle comme celle de la tête de méduse. Mais un fois trouvé, par hasard ou par quête constante, le chemin qui mène à elle, on ne peut que le suivre jusqu’au bout même si l’on ne trouve ni repos ni réconfort et si personne ne en sait gré.”
Patrick Suskind

New York, October 2000


Tower telephone - slow down.
See me walk, don’t talk - fish asymmetric.
Into the lamp, there is a strange genius with no fingers, no car and no remedy.
We will build an alley of light and disappear in a hole.
For seven days, I have forgotten my existence and I have just painted. I am just a channel I repeat myself to reach perfection. I rebuild America with total beauty and erotic velocity. I am dancing on my canvas so close to Euphoria, without witnesses.
I paint a pyramid, with chromatic shapes and I just believe in my hands. I apply the color with devotion, forgetting totally any message I want to transmit.
I am becoming an animal, hunting for total light.
And I have found it tonight, I touch immortality. On a pillow with wings, I leave America. Existence is a magic opportunity to be a ceremony.
King Yoga is dead, while the skylight starts to shine. Day come.
There is no fight: we are just adding another layer to reality.
Build - create the junction between two symbols.
Two humans - two truths - two colors.

The only real way to understand the world and the universe is to travel deeper and deeper into ourselves.

HIGH TIMES:

HIGH TIMES ARE FRAGILE TIMES—WHERE YOU CAN’T TAKE
PICTURES—WHERE YOU CAN’T EXPLAIN THE SUBSTANCE OF YOUR
VISIONS.
HIGH TIMES ARE WHEN THE TIME IS RUNNING SO FAST—WHEN
YOU WANT TO SAY TOO MANY THINGS AT THE SAME MOMENT.
WHEN ONE REVELATION COMES OVER ANOTHER—WHEN
EVERYTHING IS SO CLEAR YET BECOMING ABSTRACT—LIKE
WALKING ON A DIRT ROAD AT NIGHT—WHEN YOU CLOSE YOUR
EYES YOUR STEPS WILL LEAD YOU IN THE RIGHT DIRECTION, BUT
YOU WILL SEE OTHER THINGS: YOU WILL ADD A LAYER TO REALITY AS
YOU CROSS THE OTHER CIRCLE.
HIGH TIMES ARE WHEN YOU REACH ETERNITY-

HIGH TIMES ARE FRAGILE MOMENTS OF TOTAL ABANDON
AND TOTAL CONSCIOUSNESS—A CERTAIN VIBRATION—THE SAME
SPEED AS THE VELOCITY OF THE UNIVERSE.
HIGH TIMES ARE SACRED—A BLEND OF FEAR AND IMMORTALITY.
HIGH TIMES ARE WHEN EVERYTHING YOU HAVE AND
EVERYTHING YOU ARE BECOME USELESS.

HIGH TIME—IS WHEN ALL WORDS ARE DISAPPEARING.
HIGH TIME—IS WHEN THE SILENCE IS FILLED WITH 2000 VISIONS.
HIGH TIME—IS A HIGH SPEED TUNNEL OF LIGHT.
HIGH TIME—IS A NEVER REPEATING MANTRA.
HIGH TIME—IS A CARNIVAL OF RETURNING SOULS.
HIGH TIME—IS WHEN ALL THE SECRET INFORMATION THAT YOUR BODY CONTAINS COME BACK TO THE SURFACE.
HIGH TIME—IS WHEN YOU BECOME JUST A CHANNEL—A RESURRECTION OF YOUR ANCIENT BODIES.
(HIGH TIME—IS WHEN I PAINT.)©

‘Peindre ce n’est pas produire de l’art mais une action au cours de laquelle l’inconscient de l’homme se livre directement et par laquelle l’artiste s’unit aussi bien au monde animal qu’au monde végétal.’
Leonard Emmerling, ‘Pollock’


Encyclopedia of existence-
St-Elmos fire, the spectacular electromagnetic phenomenon that seems to envelop the masts and spars of sailing ships in sparks and fire under certain atmospheric conditions.

Geometric fear-
Is the fear to be at the right place at the right moment doing the right things.
(Triangles are circles)

Stainless steel palm-tree-
My paintings are becoming like cave drawings: hard to discover and secret- sacred symbols of a forbidden world.

List no.33:
      1- Whirling dervish
      2- Timeless playground
      3- Chastity belt
      4- Einstein’s fear
      5- Perfume factory
      6- Naked angels
      7- Death’s velocity

Sun no. 4
The final decline of the American avant-garde.


Painting is the dance of the cobra
Renaissance – at very
Sunset – landmarks on fire

Apranihita=absence de désir ou de but.
Two girls – parasol
Blue tower – matador-geometric fear
Swimming pool – love again
But real – leather – level
Sacred cows
Abandoned field
A forest without trees –
Monastery – open hands
Automobiles – big house

Antennas = people open to the universe, fragile
Parasol = people with a protection, living with a safety net


Apocalypsis =
One third
Of everything
Will disappear.
I wish I can keep my hands

Free chakra readers
1 2 3 4 5 6 7 ∞
We repeat our visions like mantras – I suck your toes

Tacuba™
Iconography of the spirits 2

I needed to reveal more
The energy of the myth
Than the myth itself Inc
(I have to protect my paintings from any linearity)

(Catalogue of universal spirits)
Formula:

1. Create silence
2. Make a circle
3. Share all secrets
4. Erase the day
5. Change
6. Transform reality
7. Let all visions come
8. Alchemic wheel


To Cléopatre
To Hubert Reeves
To Robert Raushenberg
To Paul Eluard
To Antoni Tapies


I phone somebody,
Anybody.
Flesh, to sleep with a keeper,
An imaginary lover.
I love her all night long,
Until I want to run again.
This illusion is passion, is fuel for my creation.

I wish I was a palm-tree
I wish I was not here
I wish I was with no eyes
I wish I was a feather
I wish I was a prayer
I wish I was with no skin.

‘Nous les Espagnols’confia Picasso à Malraux ‘c'est la messe le matin, la corrida l'après-midi, le bordel le soir. Autrement dit le sacré, la tragédie et le sexe.’ (Source perdue).

Somewhere else – in another time – Chinese fans – our traces on the sand, we're symbols of happiness – in both hands – our lines, we're dancing. And nobody really needed music to shake their hips. I didn’t kill John F. Kennedy but I was James Dean for a day.
Prayer wheel – stock market – yu – Ave Maria – thirteen – seven signs – true false – inside – slow – fast – mantra – Om.
1/2 life - π/one2 – half island – 1/2 week – 1/2 price – 1/2 moon – 1/2 gold – 1/2 car –
1/2 love – 1/2 of planet earth will disappear:
Save some
Seeds for
Me I want
To plant
My trees

‘I like – when – you
Draw like this’ she says
I need chaos around, I need a warrior, a love maker,
No longer we belong to the god we pray to
No longer we belong to the pain we feel
No longer do we belong to the skin we touch
No longer do we belong to the car we drive.

Le festin de lumière
A freedom revolution by Carlito Dalceggio 2002
Architecture plan,
Instant revelations, and
Other philosophies


Fossil of light = brushstroke

Real love brings a magic mixture of inner peace and sacred fire.

Live act :
Chez les aborigènes d'Australie, l'acte de peindre a la même valeur qu'une danse ou un chant: c'est l'intention – l'acte – qui compte – le moment présent – le geste. L'idée de conserver un fossil de ce moment n'existe pas. Souvent on brûle les tableaux peints sur écorce. L'acte de peindre est libérateur: pour le peintre ainsi que pour ceux qui assistent à l'action, comme écouter le rythme incessant des tambours: il projette les gens dans une transe: un moment magique qui ne tient plus dans le temps.  

Toute théorie ne survit que dans l'action et ne prend son sens que dans le geste (connection sacrée avec les alchimistes).
À consacrer sa vie à vouloir transformer la matière, on en vient à se transformer soi-même.

I wish we can all one day
Walk into the same direction
For a few seconds
At the same moment

Seven Suns in the Sunset (big green)
The Power of Fascination
Cycles of Energy (big red)
Meet me at the Gates of Love (big blue)
Revelation – Suspension Rise
Bridge of Gold Feast of Light
To Touch Wind with Skin (green)
To Walk on Fire – Protected
Above and Awake
After Sun Liberation.

I hear nice sounds around you.

La Grande Cérémonie Lumineuse
Feather Mandala – Fingers Mystic
Seven Colors – Reach
Secret Alphabet (big)

I wish I was a mantra – to repeat myself until eternity – I wish I was you – to be with me – I wish I was a prayer – I wish I was a feather – I wish I was the moon – I wish I was a cycle – I wish I was the sun to make you warm.

Another list without number:
      1- Touch
      2- Play
      3- Feel
      4- Escape
      5- Reveal
      6- Love
      7- Milk
(This list cannot be reproduced with permission)

  Recherches alchimiques du matin sacré
Tome 1


Yemaya Catalogue of Spirits:
Nous peignons avec les esprits. Ils nous réveillent au milieu de la nuit, nous tirent devant les tableaux inachevés et nous peignons sous la lumière lunaire, émerveillés. Ils guident nos pinceaux sur de nouvelles routes.
Making love is crossing gates.
Nous sommes assoifés par la nouveauté. Nous sommes les derniers enfants de l’univers, les fils de la lumière.


Our destiny is to hold on to all our passions:
Les enfants du cirque: maintenant ils peuvent voler et vivre - maintenant, je suis ailleurs – sur une nouvelle route – je suis vide pour une nuit – je leur ai tout donné – je suis libre – c'est à eux d'écrire les nouvelles prophécies et vivre les nouveaux rêves – c'est à eux de bâtir les temples et de fabriquer le bonheur. Maintenant - ils sont à vous – l'alphabet est écrit – il faut enfanter des mots – joindre les points et créer de nouvelles constellations. Tout ce que j’ai peint, prenez-le. Tout ce que je suis, prenez-le. Toutes ces visions, prenez-les. Toutes ces nuits, tous ces jours, toutes ces lunes qui se sont remplies, tous ces soleils éblouissants, tous ces cris de jouissance, toutes ces chairs et ces pinceaux, toutes ces traces de lumière que j’ai laissées sur la terre, prenez-les. Videz-moi de mon sang, encre éternelle. Sucez mon sang, vipères et diables, surveillez chacun de mes coups de pinceaux, roulez-vous sur mes toiles, faites-y l’amour, découvrez-y la passion, la liberté, la décadence et le pouvoir mystique de l’existence. Dormez sur ces compositions colorées en paix, percez des trous, tunnels de chair qui vous mèneront à l’infini, voyez-y tous ce que vous voulez voir, pulsions de l’instinct, le mariage alchimique de la science et de l’intuition.
Car en moi, vous ne verrez que le vide. Tout ce que je suis, je l’ai déja donné.
Et si sauvage je suis lorsque je reviens vers vous, immaculé de couleurs et de visions en éruption, et si bestial et inhumain je reviens, alors prenez-moi comme je suis, une bête qui peint assoifée de lumière,  qui perce le voile du mystère, démoniaque et merveilleuse. Qui revient d’une révolution, dissimule une tempête sous le calme retrouvé. Sous ce regard de moine bouddhiste, se cache la flame d’un désir de révolution irrévocable.Sous la poésie, se cache une véritable quête où le sacrifice ne fait qu’amplifier la détermination et la puissance. Le peintre secret, charmant et délicat, ivrogne et rebelle qui glisse de la classe à la décadence. Mais Bon Dieu, croyez-vous que tous ces risques étaient calculés? Qui s’approche de la vérité se met à nu devant les forces brutes de l’univers.Tout voyage comporte un grand risque. Tout vrai chercheur, tout vrai chasseur ne peut se mentir, il est seul dans sa voie, guerrier de la liberté, incompris ou si peu, ou alors par fragments, sans que quiconque puisse saisir l’ensemble. Ne saisir qu’un fragment ou refuser de voir la totalité est une faille, un échec à cette révolution que je sème. Ne saisir que la simplicité, la couleur et la beauté est sans nul doute bien agréable, satisfaisant et enrichissant, mais ce serait bien triste de passer à côté de la profonde quête de l’absolu, ce serait refuser de croire à l’intensité, ce serait se complaire dans l’assouvissement.


I will never be alone.
All spirits I paint have already
Been here before – we are
The carnival of returning souls
I will never be alone.
All windows wide open – they can come and go
I will never be alone, all spirits dance with me.


Our creation is our only destination.

Another painting day, painting session no.16:
Blind fear – buddha delight – TV – real silk – poetry – Feng Shui – Guernica – two sisters – abstraction – cobra dance – roller coaster – good bread – awake – tidal wave – time – audience – silence – offering – third eye empire – texas – feathers – warm bath – Copacabana – chalk circles – seven minutes – naked skin – goldmines – bull fights – night visions – territory – red lips – sun tears – blue ship – temple – destination – pictures – believe – carousel – market in my hands –– torero – red stripes – secret language – elevation – TV dinner – forest – art – life – real love – precious tongue – rice fields – full moon – sand – sea – bungalow – landmarks – pattern – windwheel – waterfall – hurricane of peace – peacock feathers – rising moon – touch – believe speak – coconut fields – Guernica blinded – boat ride – automobile – geometric fear – big house – electricity – spanish guitar – no phone. I want to reduce the distance between life and art.
Art should become a tool to reach infinity in a daily life.
Palm reader – erotic sand – wall paper – goldmine dust – feathered landscape – uptown walk – modernism – returning souls – ancestors – Galapagos eggs – morning light – silent poems – confusion – green tea – new path – wine maker – searching – knowledge – love – perception – fear – St-Elmo's fire – revolving boats – windwheel again – milk – ruins – dots.
 Modern buddhist monk – mystic sound – big screen – small moments – big houses – dreamtime – supermarket – sunset love – empty fields – mother earth – navigation – blind love – flower people – landmarks – ocean sky – secret garden – sail boats – seven seals – seeds of sand – trailer park – 12 candles – l'esprit libre – gasoline – archetypes – Hong Kong sky – bird nest – blue light – fossils of light – sacred fire – television – shadow dancer – television – alchemy. Your skin as a desert where I can dance and raise my fist to the sky. Your skin as a territory of trust and abandon. Your skin as my canvas.


List no. 71:
      1.    Manipulation
      2.    Revelation
      3.    Revolution
      4.    Evolution
      5.    After 8 pm
      6.    Feng Shui
      7.    Blind architecture


List no. 77:
      1.    Red room
      2.    Blue light
      3.    Nirvana
      4.    Walk
      5.    Don't walk
      6.    Sleep
      7.    Don't keep

Modernism
            Returning souls
            Ancestors

            Telephone
            Water plants
            Cigarette

Eroticism
Colors
Agora
Play
Woman
People
Death
Vision
Love
Moment
Gift
Time
Magic
Speed

Life
Child
Velocity
Beds
House
Travel
Mysticism
Garden
Compassion
Peace


J’ai crée ces esprits qui existent dans la réalité pour donner un sens à mes visions.
(I have created those spirits that exist in reality to give a meaning to my visions).

My grocery list
No.73- my grocery list
(I can kill for colors)

-    Ultramarine blue
-    Arcra gold
-    Gloss & Varnish
-    Crimson red
-    Light portrait pink
-    Brillant blue
-    White (more)
-    Orange azo
-    Doixine purple
-    Rich gold
-    A certain brush made of ivory
-    Rhum
-    Fluo pink pigments


I love ink - so pure - bamboo forest. Acrylic paint seems too thick, unsexy, slow, dead. The ink travels so well on the paper, like a whisper.

I can give birth to new animals, new humans with different shapes.
I can make you see.
I can see your dreams, I see, I see.
All we, driving further, I can teach further, I can learn from the dance of the flame of the fire, my brushes can follow the winds, my body disappears into the universal pattern.

La découverte d’une nouvelle couleur.

Can we have no answers for a few seconds?
Can we travel in mystery, in an uncertain field?
Can we loose every reference for a while?
Can we totally loose the control of our brushes?

Picasso is dead
Rewriting art history with fire in hands

Rewriting art history:
It’s not about breaking all the rules
It’s about creating your own.

Media Serenity :
Depuis que je l’ai reçu en cadeau de Sunami de Luz à  New York, j’utilise mon livre rétrospective sur Robert Rausenberg comme presse-pétales et feuilles tropicales. Tous mes trésors organiques y sont pressés. En séchage, avant de faire le voyage sur un tableau. Le livre est épais, fabuleux, avec une couverture en tissu jaune, sur laquelle j’ai peint un cercle bleu poudre. J’aime que les choses qui m’appartiennent soient uniques alors je les transforme. Mon polaroid est devenu si beau que sa fonction première est dérisoire. Je ne transforme que ce que j’aime. Et que ce que j’aime peut me transformer.
Maintenant, lorsque je regarde les reproductions de Raushenberg, des squelettes de feuilles y apparaissent, transformant ses tableaux.

I have decided one day that the red wine was sacred. Since that day, it became a ritual to drink red wine. I have decided one day that every skin was like desert purity, since that day, it became a journey to make love.
I paint, again.
She is dreaming in my bed – doors to the other world. I walk quietly in the studio – hunting for new colors – I tried last night to meet her in her dreams but I couldn’t – my dreams kept leading me to a vast land, free of humans. My dreams were stronger than me, once again.
It is already raining somewhere, but I see the rainbow over the country, over our fears and our destinations. I see the rainbow as the golden path.

You do not want to face me when I have accumulated too much energy. I can be dangerous.

Art things
Art themes
Art days
Art agony

The sunset is the most important moment of the day, to paint and to exist.

Je suis la renaissance, je suis celui qui assemble les cendres, je suis celui qui danse avec les morts. Je déjoue la linéarité, je suis le peintre qui n’est que que la connection mystique entre tous les mouvements de l’histoire. Je suis le rassembleur, reliant toutes les étoiles pour former de nouvelles constellations. Je suis le pont entre entre le profane et le sacré: le lien entre la nature et le monde moderne. Je suis celui qui n’offre  aucun chemin, aucune solution. Je ne suis que celui qui transmet la passion, la soif de vivre, l’urgence. Je suis celui qui fait vivre.

1- DO YOU REMEMBER THE TASTE OF MILK? _________________

2- MANIFESTATION OR REVELATION? _____________________

3- WHAT IS FREEDOM? ____________________________________

4- WHAT IS A REVOLUTIONARY CONSCIOUSNESS? _____________

5- SCIENCE OR INTUITION? ___________________

10- WHAT ARE YOU SEEKING? _____________________

11- HOW MANY EGGS ARE YOU EATING EVERY MONTH? ________

12- ARE YOU WAITING FOR SOMETHING YOU WILL PROVOKE? _____

33- HAVE YOU CROSSED THE RIVER? _________________

34- HAVE YOU EVER DESTROYED A TELEVISION? ________________

35- ARE YOU GONNA MAKE LOVE TODAY? _________________

36- WHAT IS YOUR FASCINATION? _______________________

37- DO YOU SHARE YOUR SECRETS? _________________

FAITH
Mystic fashion
Revelation - bullets
Red lips (mystic icons)
Revelation of beauty
Ritual red lips - wheels of beauty
Secret revelation faith & redlips
TV-OM the unlimited freedom channel
Waiting land
Window display    tm
Alchemic fusion
Frida Khalo = Guadaloupe
Inversion    
Cosmic cover
Double mirror image
Don’t be afraid to reinvent
Your life with a new system
Bruce Lee the return
Let me touch you - turtle eggs
It’s too late, I can’t take the ferry
I will sleep in a palm-tree.
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